Détox met en scène deux cousines en quête d’un sevrage numérique salvateur. Tiphaine Daviot et Manon Azem portent avec beaucoup de second degré cette nouvelle série française de Netflix signée Marie Jardillier. Une pépite de fraîcheur.

Les réseaux sociaux peuvent être toxiques. Pour s’en sortir, il est temps de repenser notre rapport au virtuel. L’autre solution est de jeter son smartphone par la fenêtre lors d’une soirée trop arrosée, le regarder se briser en deux sur le bitume, puis partir courir dans une forêt. C’est en tout cas la solution choisie par les deux héroïnes de Détox, la nouvelle série française humoristique de Netflix, disponible depuis ce 1er septembre 2022.

Créée et réalisée par Marie Jardillier, cette très courte série met en scène deux cousines et colocs incarnées par Tiphaine Daviot (Visitors) et Manon Azem (Gangsterdam), dont le rapport à Instagram est assez catastrophique. La première, Léa, ne parvient pas à décrocher de son ex, ébahie par la vie qu’il mène aujourd’hui sans elle. La seconde, Manon, jeune chanteuse à ses débuts, se fait humilier par une vidéo gênante prise lors d’un concert. Toutes deux finissent par entamer l’équivalent d’une cure de désintox, mais pour smartphones : pendant plusieurs semaines, elles s’interdisent d’en utiliser un seul.

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Tiphaine Daviot et Manon Azam, dans la série française Détox. // Source : Netflix

On rigole de nos addictions numériques

Une comédie en 6 épisodes de 30 minutes n’est pas forcément adaptée à une critique sociétale et technologique profonde de la société numérique. Mais avec ce format, on peut toutefois piquer au vif, appuyer là où cela fait mal, à travers l’humour et la légèreté. La série française remplit son objectif : elle nous fait passer un bon moment en… se moquant de nous. Ouvertement. Avec bienveillance, néanmoins.

Devant Détox, on rigole de nos addictions virtuelles, sans lesquelles nous sommes comme mis à nu — ce que la série prend d’ailleurs au mot. Tiphaine Daviot et Manon Azem sont hilarantes en porte-étendards d’une société numérique qui en a marre d’elle-même, qui ne se supporte plus vraiment, qui perçoit son propre ridicule. Ainsi, dans la dérision, avec des gags permanents et des scènes volontairement surréalistes, se glisse une part intrigante de vérité sur comment l’on se sent tous et toutes avec (ou sans) nos smartphones. Libérées, Léa et Manon voient de nouvelles possibilités — professionnelles, amoureuses — s’ouvrir.

On appréciera d’ailleurs que Détox ne choisisse pas pour autant d’épouser du feel good bas de plafond (vous savez, celui qui prétend à une solution totale et absolue dans les cures de déconnexion où l’on embrasse des arbres en faisant du yoga du rire). Au contraire, l’épisode 3 met en scène une Cécile Cassel en coach-gourou dont le stage de survie est finalement tout aussi toxique que les problèmes posés par la virtualisation des relations. Les deux cousines quittent avec soulagement ce lieu de malheur comme elles ont fui leurs smartphones.

La série de Marie Jardillier manquerait peut-être de quelques séquences émotives supplémentaires pour créer davantage d’empathie et ancrer l’œuvre dans le réel, mais, de toute façon, Détox est une bonne comédie grâce à son casting dream team et à l’écriture au millième degré qui n’est pas dénuée d’acuité pour autant.

Détox, saison 1, sur Netflix depuis le 1er septembre 2022.

Le verdict

Détox (Tiphaine Daviot). // Source : Netflix
7/10
Il n’y a pas d’offres pour le moment

Courte série humoristique, Détox nous fait rire en caricaturant nos addictions numériques, poussant le trait très loin dans l’absurde. La série française ne paye pas de mine, mais fait passer un bon moment en cachant une jolie part de vérité derrière ses gags. Et on ne boude pas notre plaisir avec ce super casting — Tiphaine Daviot et Manon Azem sont franchement drôles, tout comme une bonne partie du cast.