À la suite d’un krach spectaculaire qui a couté plus de 50 milliards de dollars, la crypto Terra a perdu toute sa valeur en début d’année 2022. La Corée a ouvert une enquête contre son fondateur, Do Kwon, et soupçonne ce dernier d’être en cavale.

Do Kwon est-il en cavale ? C’est en tout cas ce que pense la justice coréenne. Le fondateur des crypto-monnaies Terra et Luna est en ce moment sous le coup d’une enquête dans son pays, la Corée du Sud. Il est soupçonné d’activités illégales, qui auraient, selon les enquêteurs, mené à l’effondrement des crypto-monnaies au mois de mai 2022.

Bien que l’enquête soit encore en cours, la Corée a émis un mandat d’arrêt à l’encontre de Do Kwon, le 14 septembre 2022. Malgré l’émission de ce mandat, Do Kwon serait introuvable, et il refuserait de coopérer avec les procureurs, selon ces derniers. Surtout, ils estiment qu’il serait sur le point de fuir — et pour l’en empêcher, ils viennent de demander à Interpol (l’Organisation internationale de police criminelle) d’émettre une notice rouge contre lui, selon Techcrunch.

La Corée ne sait pas où se trouve Do Kwon

Selon Bloomberg, « les procureurs ont demandé à Interpol son assistance afin de localiser Do Kwon, dont la localisation est inconnue, et de livrer à la Corée ». Le bureau du procureur de Séoul, qui s’occupe de l’affaire, a également déclaré que Do Kwon refuserait de coopérer avec la justice. Il leur aurait dit qu’il n’avait pas l’intention de se présenter aux interrogatoires. Techcrunch indique par ailleurs que le procureur aurait demandé au ministre des Affaires étrangères coréen de suspendre le passeport de Do Kwon, car il aurait des preuves que ce dernier serait en train d’essayer de fuir.

Luna_fail
Le projet crypto Luna. // Source : Nino Barbey pour Numerama

Toujours selon Bloomberg, Interpol émet typiquement une « notice rouge » lorsqu’un pays fait une demande de ce genre — l’émission d’une telle notice prend en général une semaine. Selon le site d’Interpol, « une notice rouge consiste à demander aux services chargés de l’application de la loi du monde entier de localiser et de procéder à l’arrestation provisoire d’une personne dans l’attente de son extradition, de sa remise ou de toute autre procédure judiciaire ».

Les autorités coréennes pensent que Do Kwon se trouverait à Singapour, une suspicion qui a été démentie par la cité-État. Depuis l’annonce des procureurs, Do Kwon n’a pas réagi publiquement. Son dernier message publié sur Twitter date du 17 septembre, et il y expliquait ne pas chercher à fuir la justice coréenne. « Je ne suis pas en cavale, ou quoi que ce soit du genre — nous coopérons avec toutes les instances gouvernementales qui ont essayé de communiquer avec nous, et nous n’avons rien à cacher », avait-il écrit. Son message n’a visiblement pas convaincu la justice coréenne.

Un crash à plus de 50 milliards de dollars

Les ennuis de Do Kwon ont commencé en mai, lors de l’effondrement des crypto-monnaies Terra et Luna. Ces dernières faisaient partie des projets cryptos les plus valorisés, et le token Terra était présenté comme une stablecoin, une monnaie numérique indexée sur le dollar américain. Mais, à la suite d’un mouvement de panique, la valeur du Terra a chuté, entrainant dans sa chute le Luna, sa crypto-monnaie sœur — un krach d’une ampleur impressionnante, qui a été estimé à plus de 50 milliards de dollars.

Terra crypto
Le crash de Terra a entraîné la perte de 50 milliards de dollars. // Source : Numerama

L’effondrement de Terra et Luna a touché de nombreux particuliers, mais a aussi précipité la faillite du fonds d’investissement 3 Arrows Capital — qui a, à son tour, eu un impact sur de nombreuses entreprises. Depuis, Do Kwon et son équipe ont essayé de lancer un nouveau projet de crypto-monnaie, une tentative pour l’instant infructueuse de retrouver une partie de l’argent perdu dans le crash.