Trois ans après une première génération très réussie, les AirPods Pro reviennent avec de petites améliorations nécessaires un peu partout. Le design n’a pas évolué, mais tout est nouveau à l’intérieur.

Sur le marché de la tech, les AirPods Pro constituent une forme d’anomalie. Alors que nombre de constructeurs s’attachent à renouveler très régulièrement leurs accessoires audio, Apple se montre étrangement raisonnable. L’entreprise de Cupertino, qui lance de nouveaux iPhone, Watch, iPad et Mac tous les ans, parfois presque sans nouveautés, semble vraiment vouloir prendre le temps avec sa gamme AirPods, lancée pour la première fois en 2016. Trois ans se sont écoulés entre la première génération des AirPods Pro (octobre 2019) et la seconde génération annoncée en même temps que les iPhone 14 en septembre 2022.

Trois ans représentent un laps de temps anormal pour un produit high-tech, encore plus quand on connaît le succès de la gamme (les AirPods Pro sont d’ailleurs le best-seller d’Apple). Mais Apple a sans doute estimé que ses AirPods Pro étaient suffisamment en avance sur leur temps en 2019 pour ne pas avoir à précipiter le lancement de leurs successeurs. Ce qui était vrai à l’époque, quand on ne prenait pas un modèle conçu par Bose ou Sony. Néanmoins, la concurrence s’est ajustée à force de multiplier les références et, aujourd’hui, même les Ear(1) de Nothing sont satisfaisants à moins de 100 €. Voilà ce qui justifie la nécessité de lancer des nouveaux AirPods Pro en 2022, qui font tout évoluer — même le prix (de 279 à 299 €). Et ce qui était vrai en 2019 va le redevenir en 2022, avec des écouteurs Apple qui placent une nouvelle fois la barre très haut.

Toujours le même design pour ces nouveaux AirPods Pro

Autonomie

Les AirPods Pro peuvent tenir environ 6 heures en une seule charge, et 30 heures en tout avec le boîtier. Ces valeurs sont en hausse, mais certains font beaucoup mieux.

On aime à dire que tout a changé avec les AirPods Pro. C’est en réalité un mensonge : tout a changé… sauf le design. Il faut vraiment sortir la loupe pour déceler des différences esthétiques d’une génération à l’autre. La multinationale est persuadée que son design est suffisamment universel et éprouvé pour convaincre quelques années de plus. On retrouve toujours cette tige emblématique qui a donné le la à toute une tendance. Elle a quand même gagné une fonctionnalité bienvenue : la possibilité de modifier le volume, dans un sens comme dans l’autre, simplement en glissant le doigt vers le haut ou vers le bas (on le fait varier d’environ 6 % à chaque fois). C’est un vrai plus, puisque cela n’implique plus de faire appel à Siri pour mieux entendre sa musique sans toucher à son téléphone. C’est aussi un coup à prendre, il faut bloquer l’écouteur avec son pouce et utiliser l’index pour effectuer le fameux geste. Ce n’est pas facile au début, mais on finit par s’y faire. Voilà la doléance numéro 1 des utilisateurs de la première génération enfin exaucée.

Apple AirPods Pro 2 // Source : Louise Audry pour Numerama
Vous les reconnaissez ? Voici les AirPods Pro // Source : Louise Audry pour Numerama

Le boîtier, aussi, n’a pas beaucoup évolué. Tout juste a-t-il gagné un petit appendice lui permettant d’accrocher une dragonne (non fournie…) et, surtout, un haut-parleur qui a deux utilités. La première n’a l’air de rien, mais s’avère en réalité essentiel : un petit son retentit pour signifier qu’il passe en mode recharge, de quoi s’assurer qu’il est bien posé sur une station à induction (à moins de brancher le port Lightning, toujours là). La deuxième utilité fera le bonheur de celles et ceux qui ont la fâcheuse habitude d’égarer leurs objets chez eux. Un petit tour par l’application Localiser permet de faire sonner le boîtier pour le retrouver en un éclair (il clignote aussi). Dernière bonne nouvelle : ses aimants MagSafe épousent parfaitement le chargeur de l’Apple Watch, ce qui offre une meilleure compatibilité avec les produits d’un même catalogue. Cette seconde génération est beaucoup plus cohérente, même si on regrette encore le fait de ne pas pouvoir recharger le boîtier au dos de son iPhone.

Apple AirPods Pro 2 // Source : Louise Audry pour Numerama
Les Apple AirPods Pro sont compatibles avec le chargeur d’une Apple Watch // Source : Louise Audry pour Numerama

Autre petite évolution concernant le design, les AirPods Pro sont désormais livrés avec quatre tailles d’embouts, contre trois auparavant. Apple a pensé aux plus petits conduits auditifs en ajoutant une option XS. Lesdits embouts, pensés pour offrir un confort maximal (on ne les sent pas, ce qui amenuise la conception intra), sont toujours disponibles à l’achat séparément. L’entreprise précise qu’ils ne sont pas compatibles qu’avec l’ancienne génération, alors qu’on n’a eu aucun mal à installer les nouveaux embouts sur d’anciens AirPods Pro (c’est, paraît-il, une question d’isolation).

Apple AirPods Pro 2 // Source : Louise Audry pour Numerama
Apple ne fournit pas la dragonne. // Source : Louise Audry pour Numerama

Réduire la concurrence sous silence

Au cœur des AirPods Pro lancés en 2022, on retrouve une nouvelle puce : la H2. Comme la H1 (présente dans tous les autres AirPods, sauf la toute première génération), elle assure d’abord une intégration idéale à l’écosystème d’Apple, de l’appareillage en quelques secondes à son iPhone (c’est encore plus rapide avec le Bluetooth 5.3) à la possibilité de les retrouver sur tous ses appareils utilisant son compte iCloud (avec basculement automatique). Sur ce point, les AirPods Pro bénéficient d’un héritage né sur les premiers AirPods. Avec iOS 16, on gagne même un menu pour les réglages, ce qui permet de peaufiner toujours plus l’expérience. Elle se veut à la fois simple et immédiate. Mieux, à chaque nouvelle mise à jour, on gagne des fonctionnalités en plus, ce qui offre aux AirPods un socle de petits détails qui profitent aux utilisatrices et aux utilisateurs (exemple : l’Audio Spatial).

Apple AirPods Pro 2 // Source : Louise Audry pour Numerama
La configuration, toujours ultra simple sous iOS // Source : Louise Audry pour Numerama

La puce H2 est également à l’œuvre sur la réduction de bruit active, qui est logiquement vendue comme beaucoup plus performante qu’avec la H1. On ne taxera pas Apple de publicité mensongère tant la réduction de bruit active de ces nouveaux AirPods Pro est saisissante. On n’a pas encore eu l’occasion de tester les nouveaux écouteurs de Bose — bluffants, paraît-il –, mais ceux d’Apple assurent déjà une isolation phénoménale. Par rapport aux AirPods Pro, qui étaient déjà excellents, c’est presque le jour et la nuit : les avancées creusent un écart suffisant pour s’en rendre compte dès qu’on les met dans l’oreille (sans aucune musique lue).

Comme toujours chez Apple, c’est le naturel qui prime : aucune impression de souffle, un seul mode proposé… Et, en réalité, on se rend compte des bienfaits de la fonctionnalité quand on retire les AirPods Pro, avec cette impression d’être agressé par un environnement plus polluant qu’on ne l’imaginait. C’est le signe que la bulle de silence — qui représente un idéal puisque certains sons continuent de passer au travers des mailles du filet — fonctionne. Pour des écouteurs, c’est vraiment appréciable, avec un travail d’atténuation qui n’est pas que de l’esbroufe. C’est d’ailleurs la première fois que l’on pense pouvoir utiliser des AirPods durant un long voyage sans gêne auditive.

Par rapport aux AirPods Pro 1, c’est presque le jour et la nuit

Le mode Transparence profite également de cette puce H2 pour s’avérer meilleur que jamais. Là encore, Apple part d’une base plus que solide pour apporter quelques petites retouches qui rendent son utilisation encore plus pertinente. C’est simple, on entend des sons environnants inaudibles avec sa propre ouïe (exemple : des cris d’oiseau au loin) — toujours avec un naturel qui ne rend rien factice, comme peuvent le faire certains concurrents qui vont un peu trop loin. Autre nouveauté, un peu moins convaincante, la possibilité d’atténuer d’un coup un bruit beaucoup trop fort en vue de protéger le tympan. Malheureusement, quand un bus fait soudainement vrombir son moteur, il est souvent trop loin pour que les AirPods Pro puissent réagir… Au mieux, cette nouveauté est dédiée à des situations très spécifiques, comme des travaux dans la rue.

Apple AirPods Pro 2 // Source : Louise Audry pour Numerama
Apple AirPods Pro (à gauche) versus Apple AirPods Pro 2 (à droite) // Source : Louise Audry pour Numerama

Dieu merci, Apple n’est pas tombé dans le piège du Lossless

Les rumeurs au sujet des AirPods Pro présageaient l’arrivée du format Lossless, ce qui apparaît comme une voie toute tracée depuis son apparition sur le service Apple Music. Apple n’y est finalement pas (encore ?) allé avec ses écouteurs. Et il est très aisé de comprendre pourquoi. Le Lossless est un format pour les puristes qui, en plus d’avoir l’oreille suffisamment fine pour déceler des différences, n’ont pas attendu les AirPods Pro pour en profiter. Le Lossless s’apprécie avec une configuration de haute volée, non pas avec des écouteurs orientés pour le grand public — si évolués soient-ils. En somme, proposer le Lossless sur des AirPods Pro représente un risque certain en termes d’image (les férus de son vont en rire), pour un bénéfice plus qu’incertain, sinon existant, pour l’utilisateur lambda. Pour une écoute plus qualitative, les AirPods Pro s’en remettent au Dolby Atmos et à l’Audio Spatial, dont les apports sont beaucoup plus évidents pour le grand public.

D’ailleurs, la qualité d’écoute des AirPods Pro est profondément remarquable, encore plus valorisante que celle de la première génération. Apple ne s’embarrasse pas de multiples modes à choisir, encore moins d’un égaliseur qui permettrait d’ajuster la courbe selon sa convenance. La firme de Cupertino préfère vous imposer sa signature sonore, qui est suffisamment bien travaillée et entraînante pour convaincre le plus grand nombre. Vous cherchez une qualité plus audiophile ? Il faudra craquer pour les AirPods Max, plus délicats et qui vont chercher le détail beaucoup plus en profondeur. Avec les AirPods Pro, l’objectif est de proposer une solution polyvalente, à défaut d’être sublime et à l’aise avec un genre en particulier.

Apple AirPods Pro 2 // Source : Louise Audry pour Numerama
Les nouveaux Apple AirPods Pro à côté des AirPods Max // Source : Louise Audry pour Numerama

En tout cas, les AirPods Pro assurent un spectacle très appréciable, avec un équilibre d’excellente tenue. Ils sont parfois un peu touffus dans les médiums, mais les basses sont bien rondes comme il faut et les aigus se placent avec aisance, sans jamais être hors sujet. On gagne aussi en maîtrise de la distorsion, qui pénalisait les premiers AirPods dès qu’on poussait le volume. Ici, on peut mettre un peu de puissance sans craindre de perdre en confort. On aime enfin la manière avec laquelle les AirPods Pro gèrent tout à la fois la stéréo et, bien sûr, l’Audio Spatial (à condition de désactiver le suivi actif de la tête, au rendu très étrange quand on n’est pas habitué). À l’instar de la réduction de bruit active, le gain est palpable, avec une maîtrise acoustique toujours plus appréciable. Pour 90 % des gens, les AirPods Pro seront excellents, si ce n’est les meilleurs.

Le verdict

Les AirPods Pro de 2022 sauront-ils tenir trois ans comme leurs prédécesseurs ? Tout dépendra de la manière dont évoluera le marché des écouteurs sans fil. Dans tous les cas, le nouvel accessoire audio d’Apple représente une évolution sensible de toutes les bases solidement installées par les premiers AirPods Pro en 2019. Tout est mieux avec ces nouveaux écouteurs : de la réduction de bruit, bluffante pour le format, au mode Transparence, en passant par l’ergonomie générale et, surtout, la qualité d’écoute. Face à une concurrence de mieux en mieux armée, Apple répond avec des écouteurs qui s’installent d’emblée comme une référence. Ce qui est encore plus vrai au sein de l’environnement iOS.

À qui se destinent les AirPods Pro 2 ? On a envie de dire à tout le monde. Que vous soyez propriétaires de la précédente génération ou non, la mise à niveau peut se justifier pour profiter des nouveautés et remplacer vos écouteurs probablement moins endurants qu’à leurs débuts.