Le web est un système de pages, raccordées entre elles par des hyperliens. Il n’est pas rare d’entendre dire que le web et Internet, c’est pareil. Les deux notions sont parfois confondues, mais ce sont différents sujets.

Qu’est-ce que le web ?

Le web désigne un système de pages reliées entre elles par des hyperliens (ou liens hypertextes). En cliquant avec la souris sur un hyperlien figurant sur une page, le navigateur nous emmène ailleurs, soit sur le même site, soit sur un autre. Par exemple, on peut aller de Numerama vers Frandroid avec cette « liaison ». Sur la nouvelle page, on peut ensuite rebondir encore ailleurs.

Cet article que vous lisez est une page web, sur laquelle vous trouvez des liens comme « https://www.naivenews.com/tech/1162624-cest-quoi-le-web.html », mais directement intégrés sur des mots-clés, dans le texte. Leur représentation change d’un site à l’autre. Sur Numerama, les liens sont accompagnés d’un trait de soulignement sous le texte et d’une couleur orange.

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Un site web. Celui de Numerama. // Source : Capture d’écran

Toute cette masse de pages interconnectées les unes aux autres est le web. Elles contiennent toutes des informations et conduisent vers d’autres ressources : des sons, des images, des documents, des vidéos et ainsi de suite. Un lien peut pointer vers un fichier PDF. Il y a aussi des pages qui ne mènent vers rien et qui ne sont pointées par aucune autre page.

Pour lire ces informations et traiter ces hyperliens, on se sert d’un navigateur web. Google Chrome, Safari, Firefox, Microsoft Edge ou Opera sont les plus courants. Quant aux pages, elles sont stockées sur des serveurs informatiques. Le navigateur web se charge de trouver le chemin lorsque vous entrez une adresse ou que vous cliquez sur un lien, en mobilisant le système DNS.

Pour organiser les données, le web s’appuie sur des standards et des formats variés. Par exemple, « http:// », est le protocole de communication (hypertext transfer protocol) pour demander une page. Le HTML est un langage informatique qui sert à structurer le contenu d’une page (le titre, le texte, les paragraphes, la mise en page, etc.). Ils évoluent régulièrement.

Et Internet, alors ?

Si le web est un système servant à relier des informations entre elles, même quand elles sont disséminées sur des serveurs différents, Internet est la structure physique sur laquelle le web repose. C’est un réseau informatique où les informations circulent à travers divers protocoles de communication. Ce sont en fait essentiellement des serveurs, des câbles, des routeurs.

Ces réseaux sont reliés par des liaisons physiques (comme une fibre optique), parfois sur des milliers de kilomètres, via des câbles tapissant les océans, mais également par des technologies sans fil. La téléphonie mobile en est un exemple, comme le Wi-Fi à domicile. On se trouve alors en « bout de chaîne ». On trouve aussi des liaisons par satellite, mais c’est plus rare.

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Internet, c’est avant tout une histoire de matériels. Et de câbles. // Source : CommScope

Internet est occasionnellement désigné par l’expression de réseau des réseaux (network of networks), car sa structure est composée de réseaux informatiques éparpillés dans le monde. Ces réseaux sont formés d’ordinateurs qui délivrent les informations du web — entre autres. Ils les « servent » à qui les demandent, d’où leur nom de serveurs.

Sur le réseau, les serveurs sont contactés et identifiés avec une adresse IP (IP pour Internet Protocol), qui est une sorte de plaque d’immatriculation. C’est une série de chiffres et de nombres peu commode à exploiter. Il a donc été inventé le système DNS, qui fait correspondre les adresses IP à des noms de domaine, via des bases de données.

Ainsi, il est plus facile de retenir nomdusite.fr que 181.174.87.53.

Pourquoi appelle-t-on le web ainsi ?

Ce terme s’est largement imposé dans le langage courant. Pourtant, il n’en fut pas toujours ainsi. Par le passé, d’autres formulations ont été utilisées, comme « la toile mondiale » ou bien « les autoroutes de l’information ». On peut aussi croiser parfois « en ligne » ou « se connecter ». Parfois, ces expressions sont à rattacher au fait de se connecter à Internet.

Finalement, le terme anglais a pris le dessus. En anglais, « web » signifie « toile ». Ce n’est pas idiot : tous ces hyperliens entre les pages web forment une sorte de « toile ». Symboliquement, voyez chaque site web comme le croisement des fils de la toile d’araignée, tandis que les fils eux-mêmes évoquent les liens menant d’un croisement à un autre.

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Le symbole du web : une toile d’araignée. // Source : Nicolas Picard

D’ailleurs, le projet initial du Web est intitulé WorldWideWeb: une proposition pour un projet hypertexte » dans un document de 1990 (World Wide Web peut se traduire par réseau mondial ou toile mondiale). On y lit la formule d’une « toile de nœuds » (« web of nodes »). Précédemment, dès 1989, le document « Gestion de l’information : Une proposition » évoquait déjà le terme de « web ».

Cela colle bien avec le fait que le web n’est ni « une liste ordonnée » ni un « arbre hiérarchique ». C’est une « toile de nœuds d’informations ». « Les textes sont liés entre eux de façon à ce que chacun puisse passer d’un concept à l’autre pour trouver l’information recherchée », selon un mécanisme permettant d’aller d’un endroit à l’autre en un minimum de « bonds ».

D’où vient le web ?

Historiquement, tout part d’un document de 1989 dans lequel est décrit un système hypertexte visant à faciliter la consultation et la diffusion d’informations dans des « systèmes complexes en évolution ». Il est proposé par Tim Berners-Lee, un employé du CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire), à Genève.

L’informaticien britannique, qui travaille en Suisse depuis cinq ans, a l’idée de créer un système hypertexte qui fonctionne sur Internet. Le projet ne porte pas encore le nom « World Wide Web », mais mentionne déjà la notion d’une « toile » organisée en « connexions multiples dont les interconnexions évoluent avec le temps ». Il faut attendre un an avant d’entendre parler de WWW.

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Tim Berners-Lee, le père du web. // Source : Belinda Lawley

Nous sommes en novembre 1990 et l’expression de World Wide Web figure dans un document rédigé conjointement par Tim Berners-Lee et l’ingénieur belge Robert Cailliau, qui vient de s’associer au projet. Ensemble, ils modifient le projet de 1989. C’est aussi en 1990 qu’apparaissent le premier serveur web, la première page web et le premier navigateur web.

Il y a toutefois une autre date clé à retenir : celle du 30 avril 1993. À cette date, le CERN annonçait l’entrée du World Wide Web et des logiciels afférents dans le domaine public. Sans la déclaration du CERN autorisant quiconque à se servir du WWW, sans payer la moindre redevance, le web n’aurait sans doute jamais connu un tel succès planétaire.

Le patron du CERN, Rolf Heuer, l’a fait comprendre, au moment de célébrer une date d’anniversaire du web : « De la recherche aux affaires en passant par l’éducation, le web a redéfini la façon dont nous communiquons, travaillons, innovons et vivons. Le web est un exemple éloquent et simple de la manière dont la recherche profite à l’humanité. Il n’y a pas un seul secteur de la société qui n’a pas été transformé par l’invention du web, apparu dans un laboratoire de physique. »

Que signifient Web 1.0 et Web 2.0 ?

Pour désigner l’évolution du web, de ses pratiques, des technologies et des acteurs de la plateforme, des expressions comme Web 1.0 et Web 2.0 sont apparues au milieu des années 2000. Pour faire simple, le Web 1.0 couvre une époque allant de 1990 jusqu’au milieu des années 2000. Puis vient le Web 2.0, vers 2004 — l’année de naissance de Facebook.

La distinction proposée entre Web 1.0 et Web 2.0 se trouve dans le rôle des internautes. Le Web 1.0 désignerait un web statique, avec des pages web figées et une approche plutôt verticale : on lit des contenus, mais on ne participe pas vraiment à la production des contenus — même si à l’époque, il y avait des forums et les… livres d’or.

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Ah, le web 1.0 (voire 0.5, voire 0.0.0.0.0.1), toute une époque. // Source : Capture d’écran

Le Web 2.0 serait bien plus dynamique et participatif : il devient social avec les sites communautaires et l’émergence de plus en plus de plateformes pour produire et partager du contenu en tout genre. C’est l’émergence des réseaux sociaux. Le Web 1.0 a permis de lire et de découvrir, le Web 2.0 d’écrire et d’interagir — d’une certaine façon.

Ces deux versions sont admises, même si elles sont parfois perçues comme du pur marketing. D’autres formulations ont été imaginées. On a eu droit à Web 2.1, Web², Web 2.5, Web3D, Web 4.0… Des concepts discutables, suggérant des évolutions plus ou moins fortes, mais donnant surtout l’impression d’avoir affaire à des slogans.

Aujourd’hui, il est considéré que le Web 2.0 est toujours en vigueur.

C’est quoi le Web3, alors ?

Voilà un concept récent : le Web3. Il s’agirait d’une évolution du web fondée sur la blockchain et une décentralisation accrue. Des technophiles y sont favorables, d’autres estiment qu’il s’agit d’un attrape-nigaud. Pour ne rien arranger, le Web3 ne doit pas être confondu avec le Web 3.0. Nous avons un article dédié pour tout comprendre sur le Web3.